Polémiques sur la transidentité : l’échec du journalisme

Pandov Strochnis )
13 min readFeb 20

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Ce texte est un peu plus personnel que je ne le voudrais. Il évoque aussi des sujets compliqués, particulièrement autour du sujet de la transphobie.

Au moment de la sortie de La Panique Woke, encore dans le placard, j’ai été invitée à beaucoup plus de reprises que je ne le méritais par des journalistes pour parler de mon travail. Quand j’arrivais à faire comprendre que la question « Qu’est-ce que le wokisme ? » ne m’intéressait pas (le wokisme est un agglomérat de choses qui n’ont rien à voir les unes avec les autres et sert juste à ce que des intellectuels de droite puissent se donner un « méchant » à combattre), je tentais ma chance et encourageais les personnes qui me parlaient à se préoccuper de la montée d’une panique morale anti-trans chez les mêmes intellectuels que je regardais. Ces suggestions ont rarement mené à grand-chose car, avant l’été 2022, les débats autour de la transidentité n’étaient pas « intéressants », tout comme ceux sur le wokisme ne l’avaient pas été un an plus tôt, quand je commençais à en parler.

Je ne suis pas dotée d’un don de prescience particulièrement bien affûté, et je n’étais pas la seule, ni la première, à voir la constitution d’une frange hyperactive anti-trans et à m’en inquiéter : des activistes féministes avaient sonné l’alerte les années précédentes, et comme souvent le consensus mou des médias de gauche avait laissé passer quelques textes. Sur la transidentité, comme sur le sexisme ou le racisme, comme en réalité sur les sujets économiques, un certain nombre d’intellectuels de gauche semblent avoir intégré une approche essentiellement caractérisée par la morale et le mal-être : morale consistant à être par principe sympathique envers les groupes exclus ou minoritaires, et mal-être de se sentir légèrement dégoûtés face à un phénomène social jugé “bizarre”. Dans le cas de la transidentité, cela conduit à une attitude caractérisée par le principe de “laisser vivre”, très bien illustré je pense dans le traitement du “témoignage” de la photographe Olivia Ciappa dans une interview d’ailleurs centrée sur “l’opération”, et résumé ainsi par Karim Zéribi : “Olivier s’est suicidé, il y a une renaissance en Olivia”. C’est “bien” (si tant est que l’on puisse considérer que dire “Bravo, vous êtes morte !” à quelqu’un qui ne l’est manifestement pas soit une bonne chose, ce dont je doute), mais ça signifie qu’il suffit de très peu de propagande pour en venir à bout.

Faute d’avoir pris le temps de sérieusement se confronter non seulement aux personnes ayant travaillé sur la question, mais aussi aux mouvements sociaux la faisant vivre, il n’y a généralement rien d’autre à répondre que des platitudes au torrent de mauvais arguments tout faits des transphobes sur les perversités sexuelles, les toilettes, Big Pharma, les opérations chirurgicales sur des enfants, ou autres sujets que les anti-trans alignent comme des perles. Cela contribue à l’illusion d’un manque de raisonnement ou d’arguments, et force est de constater que les rares personnes trans à qui on accepte de tendre un micro sont souvent celles qui (grand bien leur fassent) sont là pour témoigner d’une “expérience personnelle” plutôt que d’une expertise, qui pourtant existe. En conséquence de tous ces éléments, l’opinion de gauche a été submergée par la “soudaine” panique morale sur la transidentité, ne sachant que répondre, alors que celle-ci se préparait déjà depuis bien longtemps.

Les débats sur la transidentité de 2022 et 2023 n’ont pas été des débats sur la transidentité. La grande majorité des sujets faisant point d’achoppement concernant l’existence et les conditions de la vie des personnes trans n’a en effet pas été mise sur la table. Si l’on a beaucoup parlé de transidentité, c’est principalement, voire uniquement, pour parler des griefs personnels d’activistes anti-trans ou leur dresser des portraits aussi héroïques que victimaires, à un tel point que, récemment, le cœur du problème a été dans certains journaux qu’une influenceuse ait perdu des partenariats suite à des positions anti-trans, ou qu‘un jeu vidéo ait été ciblé par une campagne de boycott bien inefficace suite aux positions politique de la patronne de la franchise.

Le pendant de ces affaires, c’est-à-dire la réalité politique de la prise en charge des minorités de genre, a quant à lui été relégué en second, voire en troisième rang, à tel point que les personnes trans apparaissent en fin de compte presque comme des meubles dénués de capacité de parole ou d’action, les principaux intéressés des articles présentés étant à peu près tout le monde (“parents inquiets”, “chercheurs annulés”, ou éditorialistes ayant des opinions) sauf elles.

Xosé Bouzas / Hans Lucas via AFP

Parmi les sujets traités de façon marginale dans le débat et généralement dans des médias idéologiquement marqués ou “de niche”, on note les enjeux d’accès aux soins et à la santé reproductive, de discrimination face à l’emploi et aux services publics, de vulnérabilité face aux violences et à la prévalence du harcèlement notamment dans le cadre scolaire, les nombreux avertissements faits par le Défenseur des Droits concernant les personnes trans, ainsi que le constat très inquiétant fait par l’association SOS Homophobie concernant le fait que de toutes les LGBT-phobies, la transphobie a fortement augmenté en 2021 (date des derniers chiffres disponibles), ce qui devrait particulièrement alerter car la précarité et le statut de personne racisée et/ou étrangère semblent être des facteurs de risque particulièrement aggravants. Il a par exemple fallu attendre février 2023, la semaine où je publie cet article, pour que l’Etat français, sous la contrainte, reconnaisse le changement d’état civil d’une personne trans étrangère dont le pays de naissance n’autorise pas la transition.

Sur le plan politique, l’entrisme d’un groupuscule anti-trans au sein de la Dilcrah, qui a conduit une partie des membres du conseil scientifique de celle-ci à saboter cette institution plutôt que de la laisser travailler en prenant en compte les avertissements de sa propre experte sur le sujet, le travail d’influence pour saper les droits des personnes trans au sein de l’Académie de Médecine, de l’Éducation Nationale, et auprès de membres influents de la majorité parlementaire, sont des sujets qui n’ont été traités que sous un angle bien précis : celui de la “censure des bien-pensants”. Pire encore : ce cadrage médiatique bien pratique occulte le fait que les acteurs même se présentant comme “promoteurs de la prudence” sont ceux qui défendent des thérapies expérimentales n’ayant jamais fait leurs preuves, et ayant conduit à des résultats désastreux quand elles étaient majoritaires. La reprise sans aucune forme d’esprit critique des travaux de thérapeutes controversés, condamnés par la profession pour s’être prêtés à des pratiques de conversion, peut être citée parmi de (nombreux) exemples. On ne peut ainsi pas ignorer le fait que le “backlash” anti-trans prend place après la remise en cause du modèle précédemment dominant, qui incluait entre autres le fait de chercher à provoquer le maximum de “désistance”, à tel point que le Défenseur des Droits a alerté la Haute Autorité de Santé sur le sujet. Les prétendus “promoteurs de la prudence” voudraient que l’on revienne à ces mauvaises pratiques, et dans certains cas qu’on les aggrave.

Pour dire les choses telles qu’elles sont : dans nos polémiques sur les heurs et malheurs des transphobes, tout intérêt pour la valeur scientifique, les effets sur les vies concrètes, ou même tout bonnement la vérité factuelle a été entièrement exclu. Dernier exemple en date : récemment une lettre ouverte au New York Times a été publiée appelant le journal à plus de déontologie concernant le traitement des personnes trans, dans un contexte où les libertés publiques reculent gravement (le genre de lettre ouverte qui, il n’y a pas si longtemps, aurait valu une traduction en France dans Le Monde et une émission spéciale sur France Culture, mais pas cette fois). Le New York Times répondait en publiant un article où ces inquiétudes étaient mises sous le tapis, pour se concentrer sur l’importance de défendre la réputation de JK Rowling. Le New York Magazine, une autre publication, répondait quant à lui… en publiant un article truffé de mensonges à un point tel que des fact-checkeurs du magazine en question s’en émouvaient publiquement. Il faut dire que l’article reprenait comme argent comptant tout et n’importe quoi, comme l’idée que les jeunes de nos jours s’identifient comme des hélicoptères, une blague transphobe tellement éculée que les personnes trans et féministes l’appellent simplement “La Blague Unique” et qui remonterait à l’époque du mouvement GamerGate, durant lequel elle était utilisée pour se moquer des personnes trans. Mais cette anecdote, pour aussi peu crédible qu’elle soit, a un grand avantage : elle va à l’encontre de l’opinion des bonnes personnes. Selon un certain narratif médiatique, elle doit donc être vraie.

La seule personne qui a le droit de faire cette blague est Lizzie Crowdagger parce que c’est la seule à savoir la rendre drôle, je ne prendrai pas de questions

C’est initialement sous cet angle que la panique anti-trans m’a intéressée. Dans le corpus que j’avais analysé, c’était la référence lancinante à “l’injustice” dont aurait été victime Lisa Littman, qui a popularisé la notion de “ROGD”, une théorie pseudoscientifique selon laquelle les adolescent.es trans ne le seraient que par contagion sociale et qu’il s’agirait d’une “phase”, même si les résultats de sa propre étude passablement biaisée montrent le contraire (les personnes étudiées par Littman continuent à s’identifier comme trans quand l’étude a été réalisée quinze mois en moyenne après leur coming-out, et la vaste majorité d’entre-eux n’avaient jamais reçu la “recommandation” de transitionner, deux points qui contredisent la thèse de Littman). Mais ma discussion du “cas” Littman n’était pas située dans un chapitre sur le rapport absolument problématique qu’entretenaient mes sources à la vérité scientifique, mais à un autre chapitre, consacré aux processus de victimisation : aucun des ouvrages que je lisais sur le sujet ne discutaient de la façon dont Littman aurait prouvé quelque chose. En réalité, l’absence totale de curiosité pour sa méthodologie, de la part de groupes qui ont fait du pinaillage en matière de méthode scientifique une forme d’art, était presque suspect. Ce qui donnait raison à Lisa Littman dans les textes que je lisais, comme à d’autres avant elle, c’était qu’elle avait été critiquée par les mauvaises personnes (comprendre : les chercheur.euses acceptant la réalité des transitions, et les personnes trans elles-mêmes). Si les néo-féministes wokismes intersectionnelles et transactivistes disaient que Lisa Littman avait tort, indépendamment du mérite de ce que Lisa Littman avait pu dire, c’est qu’elle devait avoir raison. Ou au moins, raison de dire ce qu’elle disait, ce qui était le véritable enjeu pour ces gens.

Pour une discussion approfondie des mensonges de l’étude Littman, se référer à cette vidéo

La presse d’opinion fonctionne ici selon son procédé standard, relevé avec intelligence par la journaliste états-unienne Parker Molloy : « la classe éditoriale comprend qu’elle n’est jamais, jamais, O grand jamais dans l’obligation de parler des problèmes en tant que tels, et peut au contraire les transformer en débats sur la liberté d’expression ». Or, malgré un déferlement d’articles portant sur le fait qu’un prétendu “transactivisme” serait une grave menace pour la liberté d’expression ou de recherches, le fait est que les questions de transidentité ne sont pas, ni en première, ni en deuxième, ni en troisième instance des questions de liberté d’expression, et que d’ailleurs les personnes dont l’expression est la plus menacée sur le sujet sont les personnes trans elles-mêmes, quand la parole d’une influenceuse ou d’experts autoproclamés pèse tellement plus que la leur sur leurs propres vies, qu’elles ne sont généralement même pas invitées pour répondre, ou le sont, mais uniquement pour “témoigner”, puis être analysées par des idéologues. Quand le tout n’est pas tout bonnement un piège, bien entendu.

D’un point de vue détaché, le débat s’est centré sur la dimension la plus ésotérique du phénomène : l’incrédulité de personnes ne fréquentant en général ni personnes trans, ni à vrai dire les milieux LGBT, face à un phénomène qu’ils choisissent, volontairement ou non, de distordre. On peut se rappeler que ce débat n’est pas nouveau : depuis les années 2000, et avec insistance, la polémiste Kathleen Stock demande de quel droit des personnes qu’elle considère comme des hommes voudraient être considérées comme des femmes. Comment peut-on être Persan ? Face à quoi la philosophe Talia Mae Bettcher a mis les pendules à l’heure dans un article très clair : pourquoi est-ce que l’avis hors-sol des activistes anti-trans devrait être déterminant sur ce sujet, surtout quand leurs revenus, contrats, et notoriété dépend de leur position anti-trans ? En France, les anti-trans Marguerite Stern et Dora Moutot proposent sur leur site d’avoir un débat philosophique abstrait, ou pour reprendre leurs termes exacts, “d’élever le débat à un niveau métaphysique et spirituel, car c’est le seul endroit où il doit être” d’après leur récent “manifeste”. Cette simple phrase montre au contraire à quel point les activistes et polémistes anti-trans, autour desquels s’est centré le débat, sont détachés de toute forme de réalité, car c’est bien à un débat politique et social, et pas métaphysique ou spirituel, que l’on a affaire.

Or, d’un point de vue politique et social, la question n’est pas de savoir si les personnes trans existent, mais bien quelles politiques encadrent leur existence, et si ces politiques conviennent à nos principes communs. Les rares fois où ce sujet est évoqué, les expériences de pensée d’une frange radicalisée sont quasiment le seul sujet évoqué, au détriment de l’intérêt général, et les offenses imaginaires des personnes trans, qui n’ont pas le droit d’être traitées comme des individus ou de bénéficier de la présomption d’innocence (dont les médias conservateurs sont pourtant toujours friands quand c’est d’hommes que l’on parle…) pèsent davantage dans la balance que les faits. Ce mécanisme a un nom, il s’agit du préjugé.

Si l’on se détache de l’œil obsédé des médias d’information continue et de leur besoin d’écraser tous les sujets pour en faire des variantes du débat sur le “politiquement correct devenu fou”, on constate que la question de la transidentité est sur le plan politique au croisement d’un ensemble de domaines. La circulaire Blanquer, dénoncée par des extrémistes pour donner aux mineurs trans le droit de changer de prénom d’usage (un droit qu’ont déjà tous les usagers de l’Education Nationale) et de pronoms, n’est arrivée qu’après qu’une lycéenne de 17 ans se soit donnée la mort après ce qui semble être un épisode de harcèlement de trop de la part de l’administration de son lycée. Le dernier de ces suicides en date remonte à mai 2022, il n’a pas un an, soit dit en passant, et la réalité du harcèlement transphobe et homophobe (qui pour beaucoup de personnes trans se mélangent) continue d’être un sujet d’inquiétudes. La loi qui conduit à l’existence des “femmes à pénis” qui font tant fantasmer ans les colonnes de certains journaux, prend place dans le contexte d’une condamnation de l’État français pour non-respect de ses propres engagements en matière de droits humains. Quant aux demandes d’accès aux services de soins, comme le soulignait récemment le Conseil de l’Ordre des médecins, sollicité à ce sujet par le Réseau Santé Trans, elles consistent en une mise sur pied d’égalité des personnes trans par rapport au reste de la population.

Il demeure, d’après les organisations investies sur la question, de nombreux sujets concernant les personnes trans, qui méritent d’être soulevées : le manque de formation du personnel médical, le manque d’investissements dans le système de santé tout court, le caractère anémique de la lutte contre les discriminations et les violences, quand les personnels censés accueillir les victimes n’en rajoutent pas une couche par des propos ou des actes humiliants, la pure et simple absence, bientôt trois ans après que le Défenseur des Droits ait explicitement demandé que ce soit fait, de procédures claires encadrant le changement de civilité dans de nombreux services publics comme privés, quand les agents ne refusent pas comme c’est fréquemment le cas d’appliquer leurs propres procédures, inventant des pièces manquantes au pied levé pour justifier leur refus.

C’est sans évoquer le fait que les personnes trans, comme absolument tout groupe marginalisé, sont parmi les premières (aux côtés des personnes homosexuelles, qu’elles sont d’ailleurs souvent aussi par ailleurs, des personnes racisées, des femmes, et de l’ensemble des classes populaires) à faire les frais de politiques antisociales développant toujours plus de précarité économique, et donc de misère sociale. Dans la panique morale de 2022–2023, on a parlé, longuement, du bien-être de tel ou tel intellectuel anti-trans. On a fantasmé sur ce que signifiait un pénis de femme ou un vagin d’homme, sujets souvent soulevés par des personnes tellement déconnectées des réalités qu’elles ne savaient même pas que le terme “homme trans” ne désigne pas une personne “née homme” (pour reprendre le vocabulaire mainstream). On a discuté de ces sujets à loisir, en présentant une fausse alternative en faisant comme si la reconnaissance de l’existence des personnes trans était tout aussi radicale que le refus catégorique de prendre en compte celle-ci par une frange radicalisée qui se regarde le nombril en parlant de sa liberté d’expression (pendant que ses idées sont utilisées pour en atteindre à celle des autres). On n’a pas parlé de ces sujets.

Quand par accident les implications politiques concrètes de ce débat sont évoquées, elles sont renvoyées sous le tapis par un laconique : “Tout le monde est d’accord qu’il faut se battre contre les discriminations…” ou “Les majeurs font bien ce qu’ils veulent…”, généralement par les mêmes personnes qui ne se privent pas de signer des textes expliquant que lutter contre les discriminations est une “dérive communautariste”, ou que les droits, y compris des fameux majeurs, soient remis en cause. Mais comment est-on censés le faire ? Puisque le langage de la censure et de la liberté d’expression est le seul que l’on a apparemment le droit de parler sur ces sujets, a-t-on le droit de même parler de ces sujets ? Ou le débat n’est-il autorisé que s’il s’agit de débattre des angoisses des uns et des autres à l’idée que puisse exister un mode de vie différent du leur ?

Il y a là tout un débat qui n’a tout bonnement pas eu lieu. A la place, la moindre affaire incluant une personne trans a été montée en mayonnaise, pour discuter de si des intellectuels bien-pensants avaient du mal à digérer leur fromage du soir, travaillés qu’ils sont par l’existence de minorités que, pour la plupart, ils ne fréquentent même pas. A la manière d’un membre fantôme, nous continuerons, collectivement, à souffrir de ce débat absent, quand nos éditorialistes auront tourné leur attention vers la prochaine connerie en date.

Il ne s’agit pas pour moi de dire que toute la profession journalistique est “pourrie”. Ce n’est pas le cas. Quantité des sujets que j’ai évoqués ici sont directement sourcés depuis des médias mainstream. Mais un problème de fond demeure dans la grande majorité de ce traitement, qui cède quasiment toujours au sensationnalisme, au détriment des sujets engageant réellement la vie des personnes. On remarquera que sur ce point non plus, je ne suis pas dotée d’une capacité de compréhension du monde originale : l’Association des Journalistes LGBTI ne dit pas autre chose en alertant régulièrement sur ce traitement.

La panique anti-trans, comme la panique woke, finira. La plupart des acteurs qui y contribuent ne sont probablement que des opportunistes. La plupart d’entre-eux semblent ne même pas avoir réellement été au courant du fait que le phénomène existait, au-delà peut-être de comédies des années 90, et certains en sont à désormais plusieurs mois de syncope après avoir entendu l’idée que les hommes trans, ayant un utérus, peuvent enfanter. Comme la panique woke, elle laissera des traces politiques qui seront difficiles à effacer. Il est important, tout en saluant les bons articles là où ils ont eu lieu, de tirer les leçons collectives de l’échec qu’a été la réponse de la presse dans son ensemble, mais particulièrement la presse de gauche, à cette panique morale. Nous ferons-nous aussi collectivement avoir la prochaine fois ?

Si mon travail vous a plu, vous pouvez soutenir une organisation de soutien aux personnes trans précaires à ce lien. Si vous avez encore de l’argent après avoir donné à cette organisation, vous pouvez me soutenir ici.

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Pandov Strochnis )

Politiquement croquette anglosaxophoniste et sociologisme démoniaque. Pour me soutenir : https://utip.io/pandovstrochnis/